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26/05/2009

Et si nous parlions d'Influenza ? Après tout, vous m'avez tous harcelée de messages électroniques, pensant que j'étais morte, parce que la France vous racontait n'importe quoi. Il faut dire que votre ministre Roselyne Bachelot a fait très fort ! Pour une fois qu'elle avait les moyens de faire son intéressante, elle n'y est pas allée de main morte. Mais au concret, quelle est réellement la situation, alors que jeudi dernier, Mexico a levé l'alerte sanitaire ?
De ce que j'ai lu, la situation n'est vraiment pas claire. Petit point et questions qui restent en suspens à mes yeux :
- Combien y a-t-il de morts véritables au Mexique ?
Les premiers jours, on parlait de centaines. Aujourd'hui, après "confirmation", il n'en reste que 80 environ. La conférence de presse de Cordoba Villalobos en pleine "crise" était la plus désordonnée qui soit. Il n'a pas réussi une minute à donner des chiffres cohérents, s'emmêlant dans ses papiers, et étant de plus en plus confus au fur et à mesure des questions des journalistes. On ne sait donc pas combien il y a de morts, ni d'où ils sont. C'est la porte ouverte à toutes les fantaisies émotionnelles, à toutes les élucubrations. En France, quelqu'un m'a même juré avoir entendu de la bouche d'un ami dont la sœur vivait au Mexique que dans son village, 70 personnes étaient mortes. J'ai eu beau dire que "non, c'est impossible", le type n'en a pas démordu. Il y croyait dur comme fer.
C'est à ce genre de discours erroné que l'on arrive quand on cache les chiffres véritables, évidemment, et que l'on n'est pas plus clair que ça.
Toutefois, on peut comprendre le gouvernement mexicain de vouloir en finir avec cette grippe qui lui tombe sur le nez au moment où la crise l'affectait déjà lourdement. Une crise sanitaire ET une crise financière, ça fait très lourd à porter. Un Mexicain (de Mexico) m'a dit avoir son explication à ce sujet : "Tu sais quoi ? Moi je crois que tout ça, c'est du bidon ! On a fait tout un plat de cette grippe pour obtenir du fric des autres pays et ne pas se plomber l'économie, voilà ce que je crois". Et ma foi, ça peut s'entendre… Hormis que les conséquences touristiques désastreuses qui se profilent auront intérêt à être compensées par de l'argent, beaucoup d'argent. Faites vraiment pitié alors !
D'autant que certaines choses clochent. Revenons-en à nos morts deux secondes. Ceux qui lisent la presse mexicaine ne me contrediront pas : ici, quand quelqu'un meurt, la presse ne s'embarrasse pas de détails éthiques. La photo doit être sanglante, violente, et il n'y a aucun souci à montrer un cadavre. Je me souviens, il y a peu, de la photo du cadavre d'une jeune femme, assassinée, dont le corps, toutes jupes relevées sur ses jambes, gisait dans un fossé. Pour résumer, ici, on fait dans le concret. Et là, grande pudeur nationale, pas l'ombre de la photo d'un mort d'influenza dans la presse ? Pas l'ombre non plus d'une famille éplorée, en train de pleurer et d'enterrer son mort ? Où est le problème ? Car problème, il y a, forcément…
- Combien de cas concrets ?
En dehors du nombre de morts, il y a aussi le problème du nombre de personnes infectées. L'OMS affirme qu'elles sont plus de 10.000 dans le monde. Des experts assurent qu'il y aurait eu plus de 23.000 malades au Mexique. Pourquoi personne n'en parle ? Une autre information est passée complètement à la trappe. Celle de ce chercheur Australien qui affirmait que le virus H1N1 avait été créé suite à une erreur de manipulation dans un laboratoire… L'OMS devait vérifier. On en est où ?
Lavez-vous les mains, qu'ils disent ! La première consigne, c'est celle-là ! D'accord, pas de problème. Sauf qu'au Mexique, ce sont tout de même 21 millions de personnes qui n'ont pas d'eau chez elles. Et personne ne tombe sur les politiques pour leur en faire la remarque ? Cela reviendrait-il à penser que la misère est une autorisation à la mort ? Que le virus H1N1 a bien deux formes ? Qu'il ne tue que ceux qui sont pauvres et s'avère bénin pour les autres ? Si je m'appelais Felipe Calderon (Dieu m'en préserve), au lieu de fermer les restos de Mexico, j'aurais débloqué de l'argent immédiatement pour veiller à ce que l'eau soit disponible pour tous. Et potable, si possible. Plutôt que de payer des laboratoires une fortune pour trouver un vaccin qui arrivera, de toute manière, trop tard sur un virus qui est bien parti pour muter. D'ailleurs, j'ai lu au Mexique que le virus aurait déjà muté. Pourquoi l'OMS n'en parle-t-elle pas ? C'est faux ?
Evidemment, à quelques semaines des élections législatives du 5 juillet, le sujet va être dans toutes les bouches des candidats. On en viendrait presque à croire que c'est plus pratique pour eux de parler de la grippe (maudits cochons ! maudits Américains ! maudits Asiatiques ! maudits Argentins qui nous ont mal traités !) que de la situation économique du pays. Il y a des thèmes de campagne qui, finalement, tombent bien.
Il faut dire que le Mexique était le pays béni à incriminer. Leur fameuse "résignation séculaire" en faisait les victimes idéales. Parce que, à bien y regarder, tout ça a commencé dans le Sud des Etats-Unis, non ? Pas à Mexico… Mais en pleine arrivée d'Obama au pouvoir, effervescence mondiale après qu'un noir ait été élu et qu'on se soit enfin débarrassés de Bush, on n'allait pas coller une alerte sanitaire au pays le plus développé du monde, tout de même ? Et puisqu'il est bien connu que "lorsque les Etats-Unis éternuent, le Mexique s'enrhume", on a mis le dicton à exécution. Avec une bonne grippe. Résultat : plus personne ne voyage au Mexique, mais on continue de filer allégrement à New York ou au Canada, alors que les Etats-Unis ont plus de malades que le Mexique. Va comprendre, Charles !
- Elle est bizarre, cette maladie !
Voyons, voyons… Un virus, une pandémie. Des mots qui font peur. Je ne suis pas docteur (Dieu m'en préserve), mais il me semblait qu'un virus de ce type était supra transmissible entre humains, et que c'est pour ça qu'il fallait utiliser des mascarillas et ne plus se faire de bisous. Alors, comment se fait-il qu'au sein des familles où des personnes ont été infectées et en sont mortes, tout le monde ne soit pas mort aussi ? Surtout au début où on ne savait pas à quoi on avait affaire. Je pense à cette femme de Oaxaca qui est, soi disant, la première à être morte sans que l'on sache qu'elle avait contracté le nouveau virus. Et les siens ? Rien du tout, pas un rhume, pas une pneumonie, rien ? Bizarre, non ?
Voilà, voilà donc toutes les questions que je me pose après cette fameuse grande crise de l'influenza. Vous êtes autorisés à m'écrire (g.hastoy@orange.fr) si vous avez des réponses cohérentes à me donner, et si c'est logique, je me ferai un plaisir de publier vos explications ici.
Sinon, dans les aéroports, tout va bien. Tu passes comme une tonne de drogue à la frontière d'un pays européen. Cool ! Moi qui m'attendais aux types en combinaison en train de me fumigéner la tronche, tu parles ! Rien, nothing, nada, nicht…

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